Street Art vs. Coronavirus



Mode d’expression artistique libertaire et subversif, par excellence, le street art a connu une prolifération spectaculaire durant la pandémie du Covid-19. Au moment où les musées, les théâtres, les salles de spectacles et de cinéma étaient obligés à fermer, et alors que le monde de l’art et de la culture subissait de plein fouet les affres du confinement, le street art a réussi l’exploit de faire le mur, au sens propre comme au figuré !

De Sao Paolo à Amsterdam, de Melbourne à Copenhague, en passant par Mumbai, Téhéran, Rome, Barcelone et Paris, les œuvres qui accompagnent, illustrent et prolongent les articles de ce numéro spécial de l’Ecran de Veille témoignent de la force et de la vivacité de cet art novateur qui consiste à faire de la rue une arène et un échappatoire, pour se réapproprier l’espace public et se soustraire, ainsi, à la censure sous toutes ces formes. Une émancipation qui lui confère non seulement une modernité et une inventivité inégalées, mais aussi une extrême liberté pour braver les interdits et s’affranchir de tout ordre établi.

Cet esprit rebelle a poussé des dizaines de street-artistes, célèbres ou anonymes, à défier la pandémie et outrepasser les barrières du confinement, pour faire de l’art un hymne à la vie en faisant fleurir, aux quatre coins des rues du monde, vidées – ou presque – de toute manifestation de vie sociale, des œuvres qui transcendent la douleur de cette éprouvante expérience (in)humaine.

C’est ainsi que cet art vivant – donc éphémère – qu’est le street art, s’est hissée en porte étendard des chagrins, des peurs, des espoirs et désespoirs de l’humanité, durant ces sombres semaines de confinement mondial, qui ont vu plus de 4 milliards d’être humains obligés à vivre terrés.

Résultat, un florilège de réalisations artistiques tout aussi diverses que surprenantes. Il y a là, d’abord, des œuvres qui saluent le courage des médecins et des personnels de la santé. À commencer par ces Héros de la premières ligne du collectif MelbourneMurals (Melbourne, Australie):

ce cœur masqué de OneMiser (Paris, France):

cette infirmière superwoman de FakeNDSM (Amsterdam, Pays bas):

ce Natersim -N’ayez pas peur, en Persan, de Xamoosh (Téhéran, Iran):

Ensuite, il y a les œuvres à connotations politiques. Comme cette ode à l’innocence et à la tolérance de Kobra (Sao Paolo, Brésil):

ce Circulez, y a rien à voir de Lush Aux (Melbourne, Australie):

et ce CoronaTrump de Welinoo (Copenhague, Danemark):

Et puis, des fresques humanistes qui défient le virus et les barrières/préjugés qu’il impose. Tel cet Amour au temps du Corona d’Eme Freethinker (Berlin, Allemagne):

ce Leave us alone, qui parodie Kill Bill de Harry Grab (Rome, Italie):

ces Lovers de Pøbel (Bryne, Norvège):

ce boulet au pied de l’humanité de RebelBear (Glasgow, Ecosse):

Et, plus saisissante de toutes, cette boule de démolition virale de Hula (Miami, USA):