Frères musulmans, un péril européen



atmane tazaghart (*)

Longtemps la branche islamiste des Frères musulmans a bénéficié de la bienveillance des autorités et des largesses des législations sur l’asile politique dans les pays européens.
Une double aberration a longtemps prévalu à ce propos. Il y a tout d’abord cette contradiction sémantique criante dite de l’« islamisme modéré ». Car, comment peut-on être « modéré », ni même tolèrent, tout en se revendiquant d’une vérité divine imperméable à toute critique ou examen de conscience ?

Dans le monde arabe-musulman, les islamistes disqualifiaient systématiquement leurs adversaires laïcs, en les désignant comme les « suppôts de Satan » (Hizb al-Chaïtan), et se présentaient eux-même comme les Califes (héritiers) d’Allah sur terre !
Mais, en Occident, on s’aveuglait à qualifier de « modérés » tous ceux qui -même du bout des lèvres – se disaient opposés à la violence djihadiste. Ce fut le cas, durant un demi siècle, des Frères musulmans. Et ce malgré le fait que toutes les figures du djihadisme mondial, d’Abdellah Azzam et son disciple Oussama Ben Laden à Aymen al-Zawahiri et son concurrent de circonstance Abou Bakr al-Baghdadi, ont connu leur premiers « faits d’armes » au sein des Frères musulmans !
A cet aveuglement volontaire, s’est additionné la posture victimaire adoptée par les Frères musulmans, en se présentant comme les partisans d’un « islamisme politique » persécutés par des Régimes despotiques. Et très vite, des chercheurs occidentaux, autoproclamés « islamologues », pour le seul fait d’avoir appris quelques bribes d’arabe au Caire ou à Damas, ont inventé le terme calamiteux d’« islam politique », en opposition à l’« islamisme armé ».
En amputant le terme « islam politique » de son isme figurant originalement dans la littérature frère-musulmane – délibérément, comme c’est le cas pour François Burgat et ses compères de l’« école d’Aix », ou par ignorance et manque de précision pour d’autres « spécialistes de la spécialité » islamiste – ils contribuèrent à le banaliser. Car, s’il est « politique », cet islamisme soulagé de son encombrant isme, doit être toléré et intégré dans le jeu démocratique, aussi bien en Occident que dans le monde arabo-musulman !
Il fallait attendre les terrifiantes attaques daechiennes, qui se sont abattues sur l’Europe, à partir de 2015, pour que des voix s’élèvent – enfin – contre cet « ennemi idéologique » islamiste, dont les Frères musulmans sont non seulement le fer-de-lance, mais aussi la maison-mère.
Grâce à cette prise de conscience, tardive mais salutaire, on commence à comprendre la nature du péril qui pèse sur l’Europe. Car, l’ennemi n’est pas seulement celui qui met des couteaux ou des armes entre les mains de jeunes européens fraîchement réislamisés. Ce sont aussi et surtout les prétendus modérés qui font de ces jeunes un terreau réceptif à la violence djihadiste, en leur inculquant le communautarisme, le vivre-entre-soi et la haine de l’autre.

* Rédacteur en chef