Selon un sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour la revue ‘‘Écran de Veille’’, éditée par Global Watch Analysis, une majorité de Français se dit favorable à l’interdiction des organisations liées aux Frères musulmans. Chez les Français de confession musulmane, les avis sont partagés. L’idée est perçue favorablement par 48 % des Musulmans de France, qui considèrent qu’elle pourrait réduire les motifs d’amalgame entre islam et islamisme. Mais 41 % redoutent qu’une telle interdiction entraîne une forme de discrimination à l’encontre de l’ensemble des musulmans.
Quelle stratégie serait-elle la plus efficace pour faire face à l’entrisme des Frères musulmans ? Dans le monde arabe, plusieurs pays – dont l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite – ont banni la confrérie islamiste. En Occident, les choses sont moins simples : les filiales européennes et américaines de la Confrérie nient tout lien avec la maison mère frériste. Ce qui complique les poursuites judiciaires à leur encontre, comme ce fut le cas en 2017, lorsque l’administration Trump a tenté, une première fois, d’interdire le Tanzim al-Dawli, l’organe international des Frères musulmans. Cela n’a pas empêché le président américain de renouveler, en octobre dernier, son intention de bannir les Frères musulmans. Et plusieurs États, comme le Texas et la Californie, ont franchi le pas, en novembre et décembre derniers, en interdisant les activités politiques et financières de la confrérie islamiste sur leurs territoires.
En France, l’idée fait son chemin : selon ce sondage réalisé par l’Ifop pour la revue ‘‘Écran de Veille’’ (enquête menée en août et septembre derniers auprès de deux échantillons de 1 005 personnes de confession musulmane et de 1 000 personnes représentatives de l’ensemble de la population française), 53 % de la population française approuve l’interdiction des organisations fréristes. Chez les musulmans de France, les opinions sont partagées : 38 % y sont favorables, 43 % y sont opposés, 19 % n’ont pas d’opinion tranchée sur la question.

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Ceux qui s’y opposent, parmi les Français de confession musulmane, ne le font pas tous pour de « mauvaises raisons » : 41 % redoutent qu’une telle interdiction entraîne « une forme de discrimination à l’encontre de l’islam et de l’ensemble des musulmans » ; 31 % craignent que cela « favorise l’émergence de courants islamistes plus radicaux ».
Par contre, près d’un Français musulman sur deux a un a priori positif sur l’interdiction des organisations fréristes : 48 % des musulmans de France considèrent qu’une interdiction des Frères musulmans pourrait « réduire les motifs d’amalgame entre islam et islamisme » ; 47 % estiment qu’une telle interdiction va « renforcer la cohésion nationale et le respect des lois de la République » ; 36 % qu’elle serait de nature à « faire reculer le communautarisme ».

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