Par Gérard Legraud
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France

Les députés adoptent une résolution pour inscrire les Frères musulmans sur la liste UE des organisations terroristes

Par Gérard Legraud
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L’Assemblée nationale a adopté jeudi soir une résolution appelant au lancement d’une procédure visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, à l’issue de près de cinq heures de débats marqués par de vives tensions. Le texte, non contraignant, a été adopté par 157 voix contre 101, avec le soutien du camp gouvernemental et du Rassemblement national, et l’opposition de la gauche.

Inscrite à l’ordre du jour par Les Républicains, dans le cadre de leur niche parlementaire, la résolution appelle la Commission européenne à engager une procédure pour inscrire « la mouvance des Frères musulmans et de ses responsables » sur la liste européenne des organisations terroristes. Elle demande également à l’Union européenne de mener « une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans ».

Le rapporteur du texte, le député LR Éric Pauget, a défendu une initiative visant un « mouvement politique » dont le projet serait de « faire triompher la charia sur la loi de la République ». Selon lui, une telle classification permettrait notamment de geler des financements et de faciliter l’échange d’informations entre les États membres de l’Union européenne.

Débats houleux

La séance durant laquelle cette résolution a été débuté a été émaillée de nombreux incidents. Le député RN Laurent Jacobelli a provoqué un tollé en accusant les Insoumis de complaisance envers l’homophobie des Frères musulmans : « Les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, et bien, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI », a-t-il lancé, suscitant de vives réactions et des demandes de sanction de la part des députés insoumis.

Un autre échange tendu a opposé le député RN Sébastien Chenu, qui présidait la séance en sa qualité de vice-président de l’Assemblée nationale, au député LFI Antoine Léaument. Furieux d’avoir été rappelé à l’ordre lors des débats, ce dernier est descendu en bas de l’hémicycle pour défier le président de séance, l’exhortant de descendre du perchoir pour « discuter face-à-face ». Un comportement dénoncé par Sébastien Chenu comme étant une « menace physique » et une « remise en question de [sa] présidence ».

Ces incidents seront examinés par le bureau de l’Assemblée, le 18 février prochain, pour statuer sur les demandes de sanctions à l’encontre de leurs instigateurs.