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Islam, islamisme, communautarisme : Qu’en pensent les Français ?



Les question liées à l’islam sont au cœur de la campagne présidentielle. Aux craintes grandissantes suscitées par la menace terroriste, depuis les attaques djihadistes de 2015, s’est additionnée une large prise de conscience des dangers que peuvent constituer les dérives communautaires et séparatistes.

1- Les Français ne font pas l’amalgame entre islam et islamisme

Contrairement aux outrances d’Éric Zemmour, qui n’a eu de cesse de marteler, tout au long de la campagne présidentielle, qu’on ne peut pas distinguer l’islam de l’islamisme, au prétexte que « l’islam est un islamisme au repos, l’islamisme un islam en action », notre sondage montre que la majorité des Français ne fait pas d’amalgame : à la question ‘‘de manière générale, que vous inspire la religion musulmane ?’’, 44% seulement des Français évoquent de l’inquiétude. Par contre, en leur décrivant l’islamisme comme étant « une vision dogmatique de l’islam selon laquelle la religion ne doit pas être une pratique personnelle se limitant au volet spirituel, mais ayant vocation à réguler tous les aspects de la vie de la collectivité », 73% se disent inquiets par le phénomène islamiste en France.
Cette absence d’amalgame est d’autant plus claire, que sur ces 73% de Français inquiétés par la montée de l’islamisme dans leur pays, se trouvent 28% de Français se déclarant de religion musulmane. Preuve, s’il en faut, que l’on peut tout à fait être musulman et opposé à islamisme !
Par contre, les réponses concernant l’inquiétude ou pas par rapport à la montée de l’islamisme, varient considérablement en fonction du positionnement politique : 55% seulement des électeurs de gauche (qu’il s’agisse de la gauche extrême ou modérée) se disent inquiets, contre 72% au centre, 89% au sein de la droite modérée et 94% à l’extrême droite.

2- L’islamisme et le communautarisme font désormais davantage peur que la menace terroriste !
Longtemps, le phénomène islamiste a été exclusivement perçu sous le prisme binaire violence / non-violence. Ceux des islamistes se disant opposés la violence armée étaient considérés comme des modérés, voire des alliés dans la lutte contre le terrorisme djihadiste. Mais, depuis les attentats de 2015, et davantage encore depuis l’horrifiante décapitation de Samuel Paty, une prise de conscience a progressivement vu le jour dans l’opinion française quant aux dangers du communautarisme et du séparatisme, qui sont l’œuvre d’islamistes qui se disent non-violents, et qui constituent un terreau propice à la radicalisation djihadiste.
À la question de savoir pour quels motifs l’islamisme doit être combattu en France, 76% répondent que l’islamisme est « une source de violence et de terrorisme ». 76% également évoquent le motif que l’islamisme est « un fanatisme générateur de communautarisme et de séparatisme ». Par ailleurs, 74% motivent leur opposition à l’islamisme par le fait qu’il constitue « une menace pour les libertés et les principes égalitaires » et 73% évoquent « une atteinte à la laïcité ». Or, les atteintes aux libertés, aux principes égalitaires et à la laïcité sont davantage liées au communautarisme et à l’islam politique qu’au terrorisme djihadiste.

Autre signe de cette prise de conscience quant aux ravages provoqués par le communautarisme islamique, seuls 31% des Français le voient comme « un banal phénomène socio-culturel », tandis que 75% le considèrent comme un « mode de vie séparatiste hostile à l’autorité républicaine » ; 75% y voient « une dérive génératrice de radicalisme djihadiste » ; 69% le perçoivent comme « un terreau propice aux trafics et à l’économie parallèle ».



3- La lutte contre l’islamisme, motif décisif du vote ?
Les prises de positions et les propositions des différents candidats, en ce qui concerne la lutte contre l’islamisme, joueront un rôle prépondérant dans le choix de 75% des électeurs : 35% affirment que cette question aura un rôle déterminant dans leurs choix lors du scrutin présidentiel et 40% disent que la lutte contre l’islamisme aura un rôle « important mais pas déterminant »dans leurs choix électoraux. 25% seulement disent accorder à la question un rôle secondaire.
La proportion des Français de confession musulmane qui affirment accorder à la lutte contre l’islamisme un rôle important dans la détermination de leurs choix électoraux est plus basse que la moyenne nationale. Mais, elle est suffisamment importante pour être relevée et saluée : 24% détermineront le choix du candidat pour lequel ils vont voter en fonction de son engagement dans la lutte contre l’islamisme. Et 31% disent que cette question aura « un rôle important mais pas déterminant » dans leurs choix.
L’islamo-gauchisme, qui contamine une large partie de la gauche française, provoque chez elle un paradoxe criant : le pourcentage des électeurs de gauche qui détermineront leurs choix électoraux en fonction des prises de positions des candidats sur la question de la lutte contre l’islamisme est plus bas que chez les musulmans eux-mêmes ! Ils sont 23% chez les électeurs de la gauche radicale et 13% seulement chez ceux de la gauche modérée.
Quant à la proportion des électeurs de droite qui détermineront leurs votes en fonction de la lutte contre l’islamisme, ils sont 21% au centre, 33% au sein de la droite modérée et 65% à l’extrême droite.

4- Quelles sont les propositions les plus soutenues pour lutter contre l’islamisme ?

Une majorité de Français considère que, dans l’actuelle campagne présidentielle, les personnalités politiques parlent trop souvent des questions liées à l’islam. Mais, quels sont les candidats les plus crédibles ? Et quelles propositions rencontrent le plus d’adhésion concernant l’islam, la lutte contre l’islamisme et – plus généralement – le rapport entre l’Etat et les religions en France ?