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Hani Mohammed/AP/SIPA

 

Pourquoi la ‘‘rue arabe’’ peine-t-elle à condamner les atrocités du Hamas ?

14 novembre 2023 Expertises   168130  

Hamid Zanaz

Quoi qu’ils commettent d’atrocités barbares contre Israël, les djihadistes palestiniens de Hamas restent des héros aux yeux de la rue arabo-islamique. Ainsi terroristes fanatisés et ensauvagés sont vus comme une armée de libération de la Palestine par une majorité des opinions du monde arabe. Ils sont perçus comme des soldats qui « combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer », parce qu’« Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis » (Coran, Verset 111 de la sourate At-Tawbah).
Victimes d’une lecture irrationnelle de la réalité, l’écrasante majorité des populations arabes s’imaginent être encerclées par des Juifs et leurs complices athées qui ne cessent de comploter contre l’Oumma, la nation de l’islam. Ce qui les plonge dans une véritable paranoïa !

Les ravages de cette obsession paranoïaque du ‘‘complot anti-musulmans’’ sont tels que l’ego musulman a été flatté par les attaques féroces du Hamas contre les civils israéliens. Pourquoi une telle complaisance pour des actes d’une barbarie extrême ? Parce que la rue arabo-musulmane croit dur comme fer à au hadith dit des ‘pierres et des arbres’, attribué au prophète Mahomet, qui promet aux fidèles qu’à la fin des temps tous les juifs seront tués, que même « les rochers et les arbres diront : “O musulman, ô serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens le tuer » !  

Raison pour laquelle la judéophobie est devenu un sport arabo-islamique très populaire : en témoignent les torrents de haine qui se déversent à flux continu sur les réseaux sociaux dans le monde arabe. Et si quelques pays arabes ont normalisé leurs relations avec l’État hébreux, l’écrasante majorité de leurs populations n’a jamais adhéré à cette politique de rapprochement et de paix avec les Israéliens.

Autres exemples : Les chaînes de télévisions arabes, presque toutes contaminées par le discours des Frères musulmans, ont diffusé avec délectation les agissements hostiles et détestables de beaucoup de jeunes arabes vis-à-vis de journalistes israéliens venus couvrir la dernière coupe du monde de football au Qatar. Et au Maroc, pays pourtant modéré, où vit la plus grande communauté juive en terre arabe, de gigantesques manifestations ont été organisées en protestation contre la normalisation des relations de leur pays avec Israël.

En Égypte, au lendemain de barbarie du Hamas contre les civils Israéliens, le 8 octobre dernier, un policier a usé de son arme de service tirant ‘‘à l’aveuglette’’ sur un groupe de touristes israéliens à Alexandrie. Deux d’entre eux ont été tués. Auparavant, en juin dernier, trois soldats israéliens avaient été tués par un policier égyptien qui a traversé clandestinement la frontière égyptienne vers le désert du Néguev.

Dans bien d’endroits de ce monde arabe obsédé par Israël, les gens s’excusent ostensiblement pour le seul fait de prononcer le mot ‘‘Juif’’, comme s’il s’agissait d’un gros mot ! « Y’houdi Hachak », disent presque machinalement beaucoup d’Algériens et de Tunisiens, ce qui signifie « Juif, que Dieu te préserve de l’impureté ».

La haine du Juif fait partie intégrante des programmes scolaires arabes. L’école crée chez les enfants une façon de penser caractérisée par le fanatisme religieux, l’intolérance envers les non-Musulmans, et tout particulièrement les Juifs, largement vilipendés dans le Coran et les hadiths attribués au prophète de l’islam.

Puis, à l’âge adulte, les médias prennent le relais pour continuer ce type de lavage de cerveaux entamé à l’école, dès la plus jeune enfance. Al Jazeera ne cesse d’encenser les fanatiques du Hamas et diffuse l’idéologie mortifère de la Confrérie des Frères musulmans dans tout le monde arabo-musulman.

Cette entreprise de ‘‘fascisation des esprits’’ a si bien réussi qu’à l’exception de quelques voix laïques et courageuses, ni la rue, ni la presse arabe n’ont été scandalisées par la sauvagerie des récentes attaques du Hamas. Pis encore, dans plusieurs pays, la joie était ostensiblement exhibée dans la rue, comme au Yémen et à Gaza.

Dans tout le monde arabo-musulman, le Juif est présenté comme un colonisateur ayant usurpé la terre musulmane de Palestine, un profanateur de la Mosquée al-Aqsa et un ‘‘ennemi héréditaire’’ de l’islam et des Musulmans. Avec pour argument qu’Allah, lui-même, en a prévenu son Messager et les Musulmans de tous temps : « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion » (Coran, Sourate al-Baqarah). Ou encore : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez point pour amis les Juifs et les Chrétiens ! » (Coran, Sourate alMaidah)

Cette judéophobie est clairement inscrite dans les textes religieux islamiques. Et même si elle est occultée par le discours officiel des sociétés islamiques contemporaines, la haine du Juif reste enracinée dans la psyché islamique. Tant et si bien qu’en dépit des apparences et prétentions tolérantes et modernistes – à quelques exceptions laïques de plus en plus marginalisées, voire persécutées -la haine du Juif demeure l’une des choses les mieux partagées aujourd’hui encore dans le monde arabo-islamique !