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Marc Israel Sellem/AP/SIPA

 

Israël – Hamas : vers une guerre du gaz ?

15 novembre 2023 Confidentiel   275378  

La guerre à Gaza risque de perturber la production de gaz naturel en Méditerranée orientale. Cela porterait un coup terrible aux ambitions d’Israël et de l’Égypte de devenir une plaque tournante pour l’approvisionnement de l’Europe en GNL, au moment où l’UE cherche des alternatives au gaz russe.

Les ambitions gazières israélo-égyptiennes ont vu le jour en novembre 2019, lorsque les deux pays se sont accordés à renforcer l’acheminement du gaz israélien vers l’Égypte, via le gazoduc de la Méditerranée orientale, qui relie Ashkelon, en Israël, à El Arish, en Égypte.

Ces ambitions se sont ensuite renforcées en 2020, suite à l’acquisition de la compagnie israélienne Noble Energy par Chevron Corporation, la deuxième plus grande compagnie pétrolière américaine derrière ExxonMobil. Chevron Corporation a aussi pris des participations dans les champs gaziers israéliens de Tamar et de Leviathan et avait pour projet de construire deux autres gazoducs pour les relier au port égyptien d’El Arish.

Or, 48 heures après les attaques du 7 octobre dernier, le gouvernement israélien a ordonné à Chevron Corporation de suspendre toute activité sur le gisement maritime de Tamar, situé à seulement 23 km au large d’Ashkelon (ville régulièrement ciblée par les missiles du Hamas), ce qui le rend vulnérable aux attaques.

Par ailleurs, du fait de la guerre entre Israël et le Hamas, le gazoduc Ashkelon-El Arish se trouve en plein milieu du champ de bataille et risque d’être ciblé. Cette menace est d’autant prise au sérieux que l’une des motivations affichées des attaques du Hamas contre Israël est de saper le rapprochement entre Israël et les pays arabes modérés. Une attaque visant le gazoduc Ashkelon-El Arish constituerait un sérieux avertissement à l’Égypte pour l’amener à mettre fin à sa coopération énergétique de plus en plus étroite avec Israël.

Outre les répercussions économiques directes d’une telle attaque, d’autres investissements pourraient en pâtir : depuis mars 2023, BP et la compagnie émiratie ADNOC négocient l’achat de 50 % de la compagnie israélienne NewMed Energy, le principal propriétaire du champ gazier de Leviathan.