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La ‘‘joie’’ indécente du premier ministre pakistanais de se trouver à Moscou le jour d’invasion de l’Ukraine



Roland Jacquard (*)

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan est arrivé en Russie, pour une visite officielle de deux jours, le jour même où Vladimir Poutine a lancé son attaque contre l’Ukraine. À son arrivée à l’aéroport de Moscou, le leader pakistanais a été filmé en train de s’exclamer joyeusement ‘’À Quel moment je suis venu ! C’est tant d’excitation’’. Cette réaction du leader d’une nation soi-disant démocratique a immédiatement attiré l’attention des médias et a été largement interprétée comme un soutien du Pakistan à la Russie sur la question de l’Ukraine. L’autre interprétation pourrait être le mépris total d’Imran Khan pour les règles de droit qui constituent les fondements de l’ordre international et un manque de compréhension de la gravité de la situation où l’intégrité territoriale d’une nation souveraine a été unilatéralement violée par la Russie.

Les deux interprétations sont, sans doute, correctes. Pour le Pakistan, soutenir la Russie à un moment où Moscou fait l’objet de critiques internationales semble être un choix naturel : la Russie est un allié de la Chine, le plus proche et peut-être le seul ami du Pakistan.

Ces dernières années, la dépendance du Pakistan à l’égard de la Chine s’est accrue de manière exponentielle, en particulier depuis que les États-Unis ont resserré les cordons de la bourse suite à l’incapacité du Pakistan à prendre des mesures substantielles contre les groupes terroristes. La Chine, quant à elle, a injecté des milliards dans un pays en quasi-faillite, notamment pour l’initiative « Belt & Road » (nouvelles routes de la soie), tout en soutenant le Pakistan aux Nations unies et dans d’autres forums multilatéraux.

En revanche, le Pakistan a été régulièrement critiqué par l’Occident pour de multiples problèmes, notamment son incapacité ou son manque de volonté de réprimer les groupes radicaux islamistes dans le pays. Cela expliquerait pourquoi on a vu progressivement le Pakistan graviter vers les pays anti-américains.

Ainsi, c’est en vain que les ambassadeurs européens et occidentaux ont tenté d’amener le Pakistan à voter la résolution de l’ONU contre la guerre russe en Ukraine. « En tant que chefs de mission auprès de la République islamique du Pakistan, nous exhortons le Pakistan à se joindre à nous pour condamner les actions de la Russie et apporter son soutien au respect de la Charte des Nations unies et aux principes fondateurs du droit international », avaient indiqué, dans un communiqué commun, les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne, le représentant de l’UE, les ambassadeurs de Norvège, de Suisse et du Japon, les hauts-commissaires britannique et canadien, et le chargé d’Affaires australien à Islamabad.

En outre, du point de vue du Premier ministre pakistanais, les bombardements aériens de zones civiles ne semblent pas être un sujet de préoccupation majeur. Après tout, l’armée pakistanaise a le déshonneur d’avoir bombardé sa propre population civile à de nombreuses reprises, que ce soit pendant l’opération dite ‘‘anti-terroriste’’ Zarb-e-Arz au Waziristan ou dans le Baloutchistan.

Quelle que soient les raisons du commentaire irresponsable d’Imran Khan, exprimant sa joie de se trouver à Moscou le jour même du lancement de l’invasion de l’Ukraine, on peut dire avec certitude que les développements de la guerre en Ukraine vont cimenter la convergence d’un bloc composé de la Chine, la Russie et leurs « satellites » comme le Pakistan et le Belarus. Ce bloc devrait continuellement remettre en question l’ordre international fondé sur les règles de droit reconnues et protégées par les forces démocratiques du monde entier. Et ce dans le but de les remplacer par un nouvel ordre mondial sous le leadership de la Chine.