fbpx
 
 

 

Qui sont les conseillers va-t-en-guerre de Poutine ?



En Occident, Vladimir Poutine est le plus souvent décrit comme un dirigeant isolé, voire ‘‘paranoïaque’’, jouissant d’un pouvoir absolu qui le dispense de consulter ou d’écouter des conseillers. Or, s’il est évident que Poutine est un autocrate qui s’est affranchi de tout contre-pouvoir, il y a dans son ‘‘premier cercle’’ des conseillers connus pour leur modération et d’autres qui sont ouvertement bellicistes.

Parmi les modérés, seul le ministre des Affaires étrangères, Dimitri Lavrov, oserait encore émettre des avis contredisant Poutine, dont il est un vieux compagnon depuis plus de dix-huit ans. Dans le camp des va-t-en-guerre, la ‘‘bête noire’’ de Lavrov est Dimitri Kozak. Chef de l’administration présidentielle au Kremlin depuis le 24 janvier 2020, il était auparavant vice-Premier ministre. Et à ce titre, c’est lui qui a géré le dossier d’annexion de la Crimée en 2014. Très écouté par le maître du Kremlin, il est l’artisan de la doctrine poutinienne consistant à faire monter la pression militaire, pour pouvoir ensuite négocier en position de force.

Autre conseiller va-t-en-guerre du Kremlin, Sergueï Narychkine, le patron du renseignement extérieur. Ancien président de la Douma, il dirige d’une main de fer le contre-espionnage russe depuis 2016. À ce titre, il est l’artisan de la mise au pas de la société civile et de la persécution des opposants russes, y compris à l’étranger. Ne reculant devant rien pour satisfaire son maître, il a pourtant été humilié en public par Vladimir Poutine, lors d’un échange télévisé, le 21 février dernier, trois jours avant l’invasion de l’Ukraine.

Suite à l’affront qu’il a subi, on disait Narychkine écarté, en disgrâce, voire liquidé. Mais les sources les mieux informées affirment que la colère présidentielle qui s’est abattue sur lui n’était que passagère : au moment des faits, Poutine était excédé que son chef du contre-espionnage ne parvienne pas à identifier une supposée ‘‘taupe’’ soupçonnée de renseigner les Américains sur les intentions du Kremlin et ses plans secrets, dans les semaines qui ont précédé l’invasion de l’Ukraine.

Autre faucon parmi les proches conseillers de Poutine, le général Valery Gerasimov, chef d’État-Major des armées. Il est l’artisan de la stratégie militaire dite de la “guerre de nouvelle génération”. Ses études théorisant la notion de ‘‘conflit global’’, à la fois militaire, économique et d’information, sont étudiées de très près, depuis des années, par le Pentagone et l’OTAN.

Selon lui, les conflits à venir seront totalement différents des vieux paradigmes de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre froide. Il considère, à la lumière des récentes expériences militaires américaines et européennes (guerre du Golfe, guerre d’Afghanistan, invasion de l’Irak, intervention en Libye), que les facteurs non militaires (politiques, économiques ou culturels) jouent, à présent, un rôle décisif. Il en déduit que toute campagne ou opération militaire doit être désormais envisagée comme faisant partie d’une ‘‘guerre non conventionnelle’’.