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Un rapport de la Sûreté de l’État belge fustige l’entrisme et la ‘‘doctrine de dissimulation’’ des Frères musulmans



Ce rapport de la Sûreté de l’État belge a été élaboré dans le cadre de l’« affaire Ihsane Haouach », cette militante associative voilée, nommée en mai dernier commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes, puis contrainte à la démission quelques semaines plus tard, suite à la révélation de « ses contacts étroits avec les Frères musulmans ».
Le rapport fustige l’entrisme pratiqué par les Frères musulmans, en vue de « peser sur le débat public et l’élaboration de la politique (gouvernementale ou locale) » et met en garde contre la ‘‘doctrine de dissimulation’’ des Frères musulmans « par laquelle ils s’accordent une certaine flexibilité par rapport à certains prescrits islamiques orthodoxes, adaptent leur discours à leur public et dissimulent leurs véritables intentions et convictions ».
Et de conclure que les Frères musulmans « cultivent une image publique de musulmans européens bien intégrés, modérés et (relativement) progressistes », mais « visent sur le long terme l’islamisation progressive de la société européenne dans toutes ses composantes ».

Extraits :

Suite à la récente nomination d’Ihsane HAOUACH en tant que commissaire du gouvernement à l’Institut pour l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, nous estimons devoir vous informer qu’elle est connue de nos services dans le cadre du suivi de nos obligations légales en matière d’extrémisme. Plus précisément, elle est connue du fait de ses contacts étroits avec les Frères musulmans.

Ces contacts entre les Frères musulmans et Ihsane HAOUACH peuvent cadrer dans une stratégie plus large des Frères musulmans par laquelle ils tentent de peser sur le débat public et l’élaboration de la politique (gouvernementale ou locale) en développant de bonnes relations avec des personnes influentes dans divers cercles de la société (politique, société civile, économie) au sein desquels ils s’efforcent eux-mêmes d’accéder à des positions d’influence (entrisme) et par lesquelles ils tentent de contrôler ou de rallier une large panoplie d’organisations et d’ASBL [associations sans but lucratif] avec pour but réel d’ouvrir la voie à leur vision du monde et de la mettre en œuvre.

[…]

Nous pouvons également noter que les Frères musulmans ont coutume de dissimuler leurs véritables convictions et motivations et ne se révèlent généralement pas en tant que frères musulmans au monde extérieur.

[…]

Les Frères musulmans sont un groupe sociopolitique d’origine égyptienne qui est considéré comme l’organisation mère de tous les mouvements extrémistes sunnites et de diverses organisations terroristes. Ils se profilent [ou se présentent] cependant aujourd’hui comme une organisation fondamentalement pacifique. Les Frères musulmans ont des ramifications planétaires et sont également présents en Belgique.

À côté des implantations purement nationales dans le monde arabe, une tendance « internationale » a également vu le jour, qui est notamment fortement représentée dans des pays ayant une minorité islamique, et qui développe sa propre dynamique.

[…]

En Europe et en Belgique, les Frères musulmans visent sur le long terme l’islamisation progressive de la société européenne dans toutes ses composantes. À plus court terme, leur objectif principal est la protection et la promotion de l’identité islamique et l’ancrage sociétal de l’islam, qu’ils interprètent d’une manière orthodoxe. Les Frères musulmans tentent à cet effet de se profiler comme la voix des musulmans et leur porte-parole auprès des autorités. La stratégie visant à réaliser ces objectifs est principalement basée sur le militantisme [activisme] social-politique, le lobbying et l’entrisme, animé par une « élite d’avant-garde » de militants fréristes instruits.

Les Frères musulmans européens choisissent une approche graduelle et très pragmatique, par laquelle ils s’accordent une certaine flexibilité par rapport à certains prescrits islamiques orthodoxes, adaptent leur discours à leur public, et dissimulent leurs véritables intentions et convictions. Ils cultivent une image publique de musulmans européens bien intégrés, modérés et (relativement) progressistes, mais celle-ci dissimule (est contraire à) leur discours victimaire et interne et leur message sous-jacent, qui est que les valeurs et le mode de vie occidentaux sont inconciliables avec les valeurs et les règles islamiques.

L’idéologie extrémiste du fondateur Hassan AL BANNA et de l’influent idéologue Sayyid QUTB, constitue d’ailleurs toujours le noyau de l’idéologie des Frères musulmans, avec pour objectif ultime de créer une société et un État islamique où tous les éléments constitutifs de la société et tous les aspects de la vie quotidienne sont régulés par les règles et prescrits religieux (charia).

[Plus] concrètement, elle se traduit entre autres par le rejet du sécularisme [laïcité] et des droits égaux pour les hommes et les femmes, la croyance que l’islam est supérieur et que les lois et règles nationales doivent être adaptées aux règles religieuses et non l’inverse, la défense de théories du complot avec une nette connotation anti-occidentale et antisémite, la sympathie pour les motivations d’auteurs d’attentats terroristes — même s’ils condamnent systématiquement les attentats dans des pays occidentaux.

Le danger principal posé par les Frères musulmans à court terme est qu’ils créent un climat de ségrégation et de polarisation qui peut à son tour constituer un terreau fertile pour une radicalisation (violente) plus grande. Si les Frères musulmans parvenaient à devenir les médiateurs entre les autorités et la communauté musulmane, ils utiliseront sans aucun doute cette position pour renforcer l’identité islamique. Dès lors que les Frères musulmans sont partisans d’une interprétation et d’une application plus stricte de la religion et qu’ils sont d’avis que l’identité et les règles islamiques ont la priorité sur l’identité et les législations nationales, ceci mènera à un repli croissant de la communauté musulmane sur elle-même et sur sa religion.