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Quand Bruxelles manifeste contre Israël et occulte l’horreur commise par le Hamas !

16 octobre 2023 Expertises   66134  

Nadia Geerts

Le 11 octobre dernier avait lieu une grande manifestation devant le ministère des Affaires étrangères, à Bruxelles. Son mot d’ordre ? « Guerre à Gaza : Pour un cessez-le-feu et une paix juste, contre la violence coloniale et l’apartheid ».
À lire ce texte, les choses sont claires : le responsable de tout, le grand coupable, c’est Israël. Israël qui colonise, qui occupe illégalement, qui a honteusement spolié un territoire qui ne lui appartenait pas, exerçant sur ses habitants une violence telle que la clé de la paix, désormais, est entre ses mains seules.

C’est évidemment oublier beaucoup de choses. C’est oublier, d’abord, que la référence à un territoire palestinien libre et autonome avant la création d’Israël est largement une chimère, dès lors qu’il fut sous domination ottomane pendant quatre siècles, jusqu’à ce que la conquête britannique mette fin à cette domination, en 1917, et que la Palestine passe en 1920 sous mandat britannique, mandat accordé par la Société des Nations et dont l’objectif est déjà de créer en Palestine un foyer national juif.

C’est oublier, ensuite, que c’est suite à la Shoah que l’ONU adopte en 1947 un plan de partage de la Palestine en deux États indépendants, l’un juif et l’autre arabe. Suite à cela, en 1948, David Ben Gourion proclame l’indépendance de l’État d’Israël. Et dès le lendemain éclate la première offensive des pays arabes sur Israël.

Si la plupart des pays du monde ont reconnu Israël en tant qu’État dès sa déclaration d’indépendance en 1948, ce n’est pas le cas de la plupart de ceux du monde arabo-musulman. Tous votèrent contre le Plan de partage de 1947, et depuis, seules l’Égypte (en 1982), l’Autorité palestinienne (en 1993), la Jordanie (en 1994) et la Mauritanie (en 1999) ont reconnu l’État d’Israël. Et, plus récemment, les Émirats arabes unis, le Bahrein, le Soudan et le Maroc, signataires des Accords d’Abraham en 2020.

Actuellement, ni la Syrie, ni l’Iran, ni bien sûr le Hamas et le Hezbollah ne reconnaissent ni l’existence ni la légitimité d’Israël.

Le peuple palestinien a donné la majorité au Hamas dans la bande de Gaza, lors des élections législatives de 2007 – dans des conditions contestées par les autres factions palestiniennes, le scrutin ayant été entaché de nombreuses irrégularités – ce qui lui a permis d’évincer l’Autorité palestinienne. Et le Hamas, fondé en 1987 par trois cheikhs issus de la confrérie islamique des Frères musulmans, martèle que la terre de Palestine, de la ‘‘mer’’ [méditerranée] au ‘‘fleuve’’ [du Jourdin], est une terre islamique et prône par conséquent la destruction de l’État d’Israël et l’instauration d’un État islamique palestinien sur tout le territoire de l’ancienne Palestine mandataire.

Islamiste et terroriste, voilà ce qu’est le Hamas, comme il vient encore de le démontrer lors de Déluge d’al-Aqsa – l’attaque terroriste du 7 octobre, ciblant clairement les civils – une opération tenant à la fois du 11-Septembre et du Bataclan.

Et le peuple gazaoui endure depuis 2007 les exactions du Hamas, qui interdit les élections, punit de mort l’homosexualité, bafoue la liberté d’expression et vient de se rendre coupable de l’attaque la plus meurtrière qu’ait subi Israël depuis sa fondation en 1948.

Pour un cessez-le feu et une paix juste, il est permis de se demander si la première chose à faire ne serait pas de chasser du pouvoir cette organisation terroriste avec laquelle il est naïf de penser qu’Israël puisse pouvoir instaurer un dialogue : on ne peut débattre avec ceux qui nient jusqu’à votre droit à l’existence !

Mais pour que le peuple palestinien franchisse cette étape essentielle, sans doute faudrait-il qu’il en vienne enfin à reconnaître la légitimité d’une présence juive sur ces terres musulmanes. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Car si les faits sont têtus, ils semblent pourtant impuissants à faire bouger les lignes : pour un Arabe musulman de la région, il est sans aucun doute préférable de vivre sous la loi israélienne que sous celle du Hamas. Et pourtant, c’est bien Israël que nombre de Palestiniens continuent à considérer comme l’ennemi à abattre.

75 ans après la création de l’État d’Israël, et quoi qu’on puisse penser de cette décision historique, il est grand temps, pour les habitants actuels de la région, d’accepter la légitimité de la présence d’Israéliens dans la région. Ceux-là sont nés sur place, de parents souvent eux-mêmes nés là-bas, et il est proprement indécent de continuer à leur dénier le droit élémentaire de vivre dans ce qui est leur seul pays.

C’est sur cette base-là, et sur elle seule, que pourront s’esquisser demain les frontières d’une paix durable, forcément à deux États.

Mais la surenchère de la propagande pro-palestinienne va exactement dans le sens contraire, comme lorsque l’Association belgo-palestinienne publie le 7 octobre un communiqué dans lequel elle ose écrire que : « Ce même attachement au droit international nous conduit à condamner toute attaque indiscriminée contre les civils, en rappelant, à la suite de Nelson Mandela, que “c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte”. Le cycle sans fin de violence ne pourra cesser que si Israël met fin à la violence structurelle que constitue son régime colonial d’apartheid. Il appartient à la communauté internationale de l’y contraindre. »

Ou comme lorsqu’elle écrit, suite à la réplique israélienne à l’opération Déluge d’al-Aqsa : « Attachés au droit, nous avons toujours manié la notion de génocide avec précaution. La question de sa perpétration par Israël contre les Gazaouis est désormais ouvertement posée par les organisations palestiniennes. »

Pire encore : dans les rues de Bruxelles, le 11 octobre dernier, défilait Samidoun Brussels, nom d’un réseau de solidarité aux prisonniers palestiniens qui revendique clairement son opposition à l’existence même de l’État hébreux : « Nous défendons une Palestine libre de la mer au Jourdain ! ».

Or, Samidoun fait partie intégrante du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), un mouvement palestinien désigné comme une organisation terroriste par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et Israël. Samidoun sert dès lors en réalité de façade pour le FPLP à l’étranger, jouant un rôle important dans la propagande anti-israélienne, la collecte de fonds et le recrutement d’activistes au profit du FPLP et contre Israël.

Et l’appel à manifester de Samidoun se terminait par ces mots : « Gloire aux martyrs ! Victoire de la résistance palestinienne ! Longue vie à la lutte pour le retour et la libération, du fleuve à la mer ! »

Un éloge même pas voilé du terrorisme qui n’a pas eu l’air d’émouvoir grand monde en Belgique, puisque seules trois des vingt-et-une organisations qui avaient lancé un appel à manifester « Pour un cessez-le-feu et une paix juste, contre la violence coloniale et l’apartheid » se sont publiquement désolidarisées : la FGTB, Ecolo j et les Jeunesses socialistes.

Quant au bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, il lui en faut manifestement plus pour interdire une manifestation. On peut donc, ceci est désormais acquis, manifester dans les rues de Bruxelles pour la destruction d’un État par tous les moyens possibles, y compris les plus ignobles. Le terrorisme, les meurtres et prises d’otages d’enfants et de bébés, tout est légitimé par l’argument massue de la violence coloniale et de l’apartheid.

Comment est-ce possible ?

Parmi les multiples grilles de lecture possible du conflit israélo-palestinien, il faudra bien un jour examiner sérieusement celle de l’antisémitisme dans le monde arabo-musulman. Car quels que soient les torts du gouvernement israélien, ils n’arrivent pas à la cheville de ceux de nombreuses dictatures islamiques, contre lesquelles on entend peu s’indigner les Arabo-musulmans vivant en Belgique ou ailleurs en Occident, dont la fibre de la solidarité ne semble jamais vibrer autant que lorsque l’oppresseur est Juif !