France : Les Frères (musulmans) du Qatar !



Qui sont les représentants des Frères musulmans en France ? Et quel poids représentent-ils au sein de la nébuleuse islamiste hexagonale ? S’il n’existe pas de chiffres précis sur le nombre des militants et encore moins des sympathisants de la Confrérie, il est incontestable qu’elle connait, depuis une vingtaine d’année, une implantation et une influence grandissantes.

La sulfureuse organisation des Musulmans de France (MdF) est l’émanation principale des Frères musulmans dans l’hexagone. Fondée en 1983, MdF a longtemps porté le nom d’Union des Organisations Islamiques en France (UOIF). Puis, au profit du déballage qui a suivi l’instauration d’un blocus contre le Qatar par la « coalition des pays arabes modérés » (Arabie saoudite, Émirats Arabes Unis, Egypte et Bahreïn), l’UOIF s’est vue inscrite sur la liste des organisations terroristes, en raison de son allégeance au Tanzim al-Dawli (organisation internationale), le tentacule mondial des Frères musulmans, dont le Qatar est le principal bailleur de fonds. 

Craignant de se retrouver dans la ligne de mire des services européens chargés de la lutte contre le financement du terrorisme, l’UOIF s’est empressé de tenir un congrès extraordinaire, en février 2017, durant lequel l’organisation s’est démarqué officiellement de Tanzim al-Dawli et décidé de changer son nom en Musulmans de France .

L’omniprésente MdF

En dépit de ces changements de façade, MdF demeure le centre de gravité de la nébuleuse des Frères musulmans en France. Pour maintenir et accroître son influence auprès des musulmans de France, elle mise sur un important réseau qui compte une centaine de mosquées. Sa mainmise idéologique et organisationnelle passe aussi par le biais de la formation des imams. 

Ainsi, l’ex-président de MdF, Abdellah Ben Mansour, promu à la tête de la Fédération des Organisations Islamiques en Europe (l’organisation pan-européenne dont émane MdF), continue d’enseigner à Saint-Denis, en banlieue parisienne, au sein de l’institut de formation des imams affilié à l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH). Une entité universitaire privée, dont le financement qatari et le contrôle idéologique des Frères musulmans ont été révélés par plusieurs enquêtes policières et journalistiques, dont la plus récente est Qatar Papers de Christian Chesnot et Georges Malbrunot (voir Ecran de Veille, n°1, mai 2019).

Organisations satellitaires 

La stratégie des Frères musulmans, visant à influencer les fidèles au quotidien, s’appuie aussi sur une multitude d’associations, qui ont pour points communs de graviter autours de MdF et de bénéficier de la générosité financière du Qatar. Dans cet ensemble associatif adoptant une forme tentaculaire, on retrouve pêle-mêle des associations locales ou régionales, comme l’Association des Musulmans d’Alsace, le Havre de savoir ou le Centre islamique de villeneuve-d’Ascq ; des organisations catégorielles destinées à la jeunesse, telles que Jeunes Musulmans de France et Etudiants Musulmans de France, ou aux femmes, comme c’est le cas de la Ligue Française de la Femme Musulmane ; des ONG antiracistes ou dédiées à l’humanitaire, comme le Collectif contre l’islamophobie en France, l’Association médicale Avicenne ou le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens. 

Comme dans tous les pays où ils sont présents, les Frères musulmans misent aussi, pour assoir leur influence au sein des communautés musulmanes en France, sur le secteur de l’éducation. Ils disposent d’une trentaine d’écoles islamiques, dont la plus célèbre est le Lycée Musulman Averroès de Lille. Un établissement d’excellence, classé meilleur lycée de France en 2013 et meilleur de la région des « Hauts de France » en 2018, mais dont le contenu pédagogique est vivement critiqué par Soufiane Zitouni, professeur de philosophie démissionnaire de son poste au sein de ce lycée, qui a dénoncé, dans une tribune publiée par Libération, le « mélange malsain et dangereux de religion et de politique » dans les programmes pédagogiques dispensés au sein de lycée.

Électrons libres 

Certaines figures liées aux Frères musulmans en France n’ont pas de liens formels avec MdF, mêmes s’ils entretiennent des relations privilégiées avec certains de ses leaders. Il s’agit d’activistes islamistes qui agissent, en apparence, en tant qu’électrons libres ou comme une sorte de « loups solitaires », non-armés mais extrêmement virulents. leurs liens idéologiques avec les Frères musulmans et financiers avec le Qatar ne font, cependant, aucun doute.  

C’est le cas, par exemple, de Nabil Ennasri, vrai activiste islamiste et pseudo universitaire, qui se présente comme « qatarologue » (sic !) et qui dirige un site à la gloire de l’Emirat gazier, intitulé Observatoire du Qatar. Il préside aussi, depuis 2011, le Collectif des Musulmans de France (CMF), qui a vu le jour au début des années 1990 et qui a longtemps fait office de « fan club » de Tarek Ramadan en France !