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Antisémitisme : paroles de (futurs) députés RN !

4 juillet 2024 Investigations   526  

Dans le cadre de sa stratégie dite de ‘‘dédiabolisation’’, le Rassemblement national tente, par tous les moyens, de se démarquer de passé fasciste et antisémite du Front national et de son fondateur Jean-Marie Le Pen. Tant et si bien que le RN affirme non seulement qu’il contribue à la lutte contre l’antisémitisme, mais se pose désormais en ultime ‘‘protecteur des Juifs’’, qualificatif que lui reconnaissent d’éminentes personnalités, parmi lesquelles l’illustre chasseur de nazis, Serge Klarsfeld.
Or, malgré tous les efforts déployés pour chasser le naturel antisémite de ses rangs, il revient aux galops ! En témoignent les nombreuses et infamantes déclarations tenues par des candidats RN qualifiés pour 2ème tour des élections législatives en cours.

Par Nora Bussigny

« J’ai comme ophtalmo un Juif et j’ai comme dentiste un Musulman », se défend Paule Veyre de Soras, candidate RN dans la 1ère circonscription de la Mayenne face à la caméra d’un média local venu l’interroger sur les accusations qui pèsent sur son parti. La séquence prêterait presque à sourire, si l’antisémitisme de nombreux candidats du Rassemblement national et parmi lesquels, sans doute, de futurs députés, n’était pas si décomplexé.

Une fascination pour le IIIème Reich

Alors que Jean-Marie Le Pen assumait parfaitement son antisémitisme en multipliant les saillies négationnistes, d’autres comme Philippe Chapron ne cachent pas avoir appartenu au GUD (Groupe Union Défense). Dissoute le 26 juin 2024, cette organisation ultra violente avait comme ex-président l’ancien conseiller de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, adepte des saluts nazis et disposé à rencontrer à plusieurs reprises l’ancien Waffen SS Léon Degrelle.

Mardi 2 juillet, Philippe Chapron, délégué départemental du RN dans le Calvados, est contraint d’annoncer le retrait de la candidature de Ludivine Daoudi, candidate RN dans la première circonscription. Il faut dire que la photo de la jeune femme, posant fièrement avec une casquette de sous-officier nazi de la Luftwaffe sur laquelle se trouve une croix gammée, ne laisse guère de place au doute. « Elle ne nie pas, elle a fait cette photo il y a plusieurs années dans une bourse aux armes à Saint-Pierre-sur-Dives (…) Effectivement, (…) la photo est de mauvais goût », justifie, embarrassé l’ex-membre du GUD. Mais Chapron n’est pas le seul candidat à avoir une proximité avec des membres du collectif d’ultra-droite : Jean-Lin Lacapelle, proche assumé de plusieurs figures du GUD, est pourtant arrivé largement en tête du premier tour des législatives dans le Pithiverais.

Le 11 avril 2024, Thomas Lutz, conseiller du Rassemblement national (arrivé troisième dans la première circonscription du Doubs, le 30 juin dernier) s’est exclamé lors du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : « Les untermenschen, ça suffit ! ». Issu du vocabulaire nazi, le terme “untermensch”, littéralement ‘‘sous-homme’’, désigne ceux qui ne sont pas de la “race aryenne”, c’est-à-dire des ‘‘êtres inférieurs’’. Une sortie qui lui a valu une plainte déposée par la Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay.

D’autres potentiels futurs députés RN semblent assumer publiquement leur admiration pour le IIIème Reich. C’est le cas de Françoise Billaud visée par un signalement judiciaire de la Ligue des droits de l’Homme pour ses publications antisémites et racistes sur les réseaux sociaux, parmi lesquels des messages rendant hommage au Maréchal Pétain et au prêtre collaborationniste Jean-Marie Perrot. La candidate s’est pourtant qualifiée pour le second tour des élections législatives dans la 1ère circonscription des Côtes-d’Armor.

À Toulon, Frédéric Boccaletti, qui avait ouvert en 1997 une librairie nommée “Anthinéa”, en hommage à l’auteur antisémite Charles Maurras – où il proposait à ses clients des ouvrages négationnistes parmi lesquels ceux de Roger Garaudy -, et a été condamné à de la prison ferme, en 2000, pour “violence en réunion avec armes”, a pourtant triomphé lors du premier tour des élections législatives dans la 7ème circonscription du Var.

Complotisme antisémite 

« C’est qui le peuple de trop qui squatte les plateaux tv ? », tweetait publiquement, en 2019, Agnès Pageard, candidate RN pour la 10ème circonscription de Paris à propos d’un débat opposant Daniel Cohn-Bendit et Gilbert Collard autour de la Shoah. Obsédée par les francs-maçons, le vaccin du Covid, l’avortement, les élites et évidemment les Juifs, Pageard écrivait encore en 2021 : « On nous bassine avec Momo qui ne veut pas livrer de kebab casher. Mais que nos “élites” sodomisent leurs propres enfants, c’est beaucoup plus grave. Momo n’a pas de pouvoir, les Lang, Attali, Finkielkraut, Duhamel, Kouchner, Fabius, Guigou, Cohn-Bendit, BHL … Oui !».

Encore des doutes sur les chambres à gaz !

Candidat RN dans le Var, Pierre Gentillet, proche de Jordan Bardella, mis en avant sur le site “Égalité et Réconciliation” cofondé par Alain Soral et Dieudonné, dont il louait publiquement les prises de position, a tweetait en 2013 que « La laïcité chez #Peillon, c’est de prénommer ses enfants : Salomé, Maya, Élie et Izaak ».

Mais la palme du complotisme antisémite, on la doit à Laurent Gnaedig, candidat RN qualifié pour le 2ème tour, dans la 1ère circonscription du Haut-Rhin. Mercredi 3 juillet, lors d’un débat télévisé sur BFMTV Alsace, il affirmait, tout honte bue, que les propos infamants de Jean-Marie Le Pen qualifiant les chambres à gaz de « détail de la seconde guerre mondiale » n’étaient pas antisémites. Et d’ajouter que lui-même avait « encore des doutes actuellement » !