Paris et Berlin bloquant la livraison à la Turquie de composantes indispensables à la fabrication du char Altay



Le programme d’armement turc portant sur le développement d’un char de combat principal dénommé Altay rencontre de multiples obstacles, en raison du blocage par Paris et Berlin de la livraison de composantes indispensables à sa fabrication.

Lancé en 2007, ce programme devait aboutir à un début de fabrication en chaine, courant 2020. A cet effet, l’armée turque a commandé à la frime MBC, qui fabrique l’Altay, 250 pièces. Et le Qatar a, de son côté coté, passé commande de 115 chars, au prix unitaire de 13,7 millions de dollars, dont 40 chars devaient lui être livrés en décembre prochain.

Cependant, le début de la fabrication en chaine de l’Altay est retardé, pour au moins un an, en raison d’un véto opposé par Paris et Berlin à la livraison de systèmes de transmission et de blindage qui devaient équiper ce char turc.

En effet, l’Altay devait s’équiper en Allemagne d’un moteur de marque MTU et d’une transmission de la firme Renk. Le char turc devait aussi bénéficier du système de blindage français Galix Aos, qui équipe les chars français Leclerc.

Mais, Paris et Berlin ont décidé de bloquer la livraison de ces composantes, en représailles aux récentes provocations politiques d’Ankara à l’encontre de l’Union Européenne. Et ce après un précédent blocage franco-allemand, en septembre dernier, qui concernait la livraison à la Turquie de systèmes de défense antiaérienne fabriqués par la firme française Thales et l’allemande MBDA.

Selon nos sources, la Turquie tente de contourner ce veto européen, en faisant appel à des technologies sud coréennes. Ainsi, la firme MBC négocie discrètement, via Hyundai Rotem, avec deux firmes qui équipent les chars sud coréens K2 Black Panther. Il s’agit de la firme Doosan, qui fabrique des moteurs, et S&T Dynamics, qui fabrique des transmissions automatiques.

Outre le fait que cette solution de rechange sud coréenne entrainera un retard d’au moins un an avant le début réel de la fabrication du char Altay, la Turquie peine à trouver un autre fournisseur capable d’assurer à son char un système de blindage équivalent au model français. Ce qui, selon nos sources, pousse la firme MBC à envisager de se rabattre sur un système de blindage de fabrication turque.

Une telle solution diminuerait considérablement les performances de l’Altay, car aucun fabriquant truc ne peut rivaliser avec le système français Galix, qui consiste, selon les experts en « une suite de lanceurs reliés à quatre détecteurs disposés de chaque côté du char. Et qui, en cas de menace, lancent une série de grenades fumigènes multispectrales, pour créer en moins d’une seconde un écran de fumée impénétrable aux systèmes optiques, aux munitions guidées par laser et autres systèmes infrarouges des forces ennemies ».