Nouvelles révélations sur la corruption politique et sportive



Le scandale politico-financier lié à la fondation Qatar Charity ne se limite pas au seul volet concernant le financement des Frères musulmans, évoqué par Christian Chesnot et Georges Malbrunot, dans leur Qatar Papers. Notre enquête porte sur de nouveaux aspects de ce scandale relatifs aux malversations sportives et à la corruption politique.

Fondation prétendument caritative, Qatar Charity est soupçonnée, par une enquête britannique dont nous nous sommes procurés les conclusions, de malversations visant à influencer des personnalités politique londoniennes. Après les scandales financiers liés à l’achat du Groupe de luxe parisien « Printemps » et du prestigieux Yacht « Katara », au profit de l’ancien émir du Qatar, cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Tahni, c’est un autre investissement qatari en France qui a mis la puce à l’oreille des limiers britanniques.
Il s’agit de l’achat de 5% du capital du géant français « Veolia », leader mondial de services collectifs, par le Groupe « Qatari Diar ». Comme ce fut le cas dans les scandales du « Printemps » et de « Katara », l’investisseur qatari dans l’affaire « Veolia » est soupçonné d’avoir utilisé les montages financiers complexes, mis en place dans le cadre de cet achat, pour masquer des opérations suspectes liées à des financements occultes, au profit de la branche londonienne de la Qatar Charity.
L’affaire « Veolia » a, en effet, alerté les limiers britanniques, chargés d’enquêter sur certaines activités de la « Qatar Charity UK », visant à influencer des personnalités britanniques, dans le but de leur faire adopter des positions favorables au Qatar. Les investigations britanniques ont renvoyé, à chaque fois, à un personnage central au cœur de ce système de corruption qatari. Il s’agit de Ghanim Bin Saad Al-Saad Al-Kawari, le tout puissant président du Groupe « Qatari Diar » et personnage clé de « Qatar Charity UK » et de « Nectar Trust », qui lui a ensuite succédé.
Selon le rapport confidentiel rendu par les limiers londoniens, le montage financier mis en place dans l’affaire « Veolia » a fait appel à trois sociétés offshores basées au Luxembourg, à Chypre et à Singapore. Et c’est l’argent des commissions occultes, prélevées via ces sociétés, qui a ensuite été utilisé pour s’attirer les faveurs des personnalités politiques britanniques. Les virements provenaient précisément d’un compte utilisé par l’une desdites sociétés à Singapore !