Les réfugiés (pas très) syriens de la Sorbonne !



Un programme de bourses universitaires, financé par le Qatar en 2015, devait donner à une centaine d’étudiants réfugiés syriens l’occasion de poursuivre leurs études à la prestigieuse université de la Sorbonne. Trois ans plus tard, l’écrasante majorité des étudiants syriens a été éjectée de ce programme, dans des conditions jugées par certains d’entre eux comme « arbitraires et discriminatoires ». En parallèle, le programme a changé de nature et d’objectifs, en s’ouvrant à des réfugiés d’autres nationalités, voir à des étudiants qui ne seraient même pas réfugiés !

Maître Adil Sahban, avocat au barreau de Paris, a adressé le 23 mai 2019 une requête au tribunal administratif de la capitale, mettant gravement en cause l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il défend les intérêts de Yazan Alhussain, un étudiant réfugié syrien, né à Damas en 1991. Les faits peuvent se résumer ainsi : le Qatar signe le 14 septembre 2015 un partenariat avec cette université. L’émirat, représenté par Ali Bin Fetais al Marri, le procureur général, s’engage à verser, sur trois ans, 1,8 million d’euros afin de prendre en charge 111 étudiants réfugiés syriens.
Yazan Alhussain, titulaire d’un diplôme universitaire en mécanique et électromécanique obtenu dans son pays, ne se voit octroyer qu’une bourse de 350 euros par mois, très insuffisante pour vivre à Paris, d’autant qu’il ne bénéficie pas d’un logement universitaire. De plus, cette allocation lui est très rapidement retirée. En revanche, il constate que les attributions de logements et de bourses se font de manière arbitraire.
En clair, des étudiants qui ne sont ni syriens ni réfugiés profitent de cette manne versée par le Qatar ! Un autre étudiant réfugié syrien, rencontré à deux reprises à Paris, nous a relaté les mêmes faits. Maître Adil Sahban réclame à l’université 25.000 euros, notamment pour le stress et l’atteinte aux conditions d’existence de Yazan Alhussain.
Le moins que l’on puisse constater, c’est que l’université Paris I Panthéon-Sorbonne ne se bouscule pas pour donner des explications. Celle-ci, après trois semaines de démarche, a simplement reconnu que 72 % des bénéficiaires des bourses (et non pas 100 %) étaient syriens, car les critères d’intégration auraient « légèrement évolué et le programme a dû s’ouvrir à des étudiants réfugiés d’autres nationalités ». Cette « ouverture » semble, cependant, aller bien au-delà : en témoigne le cas d’un étudiant saoudien, qui n’a très vraisemblablement pas le statut de réfugié, et qui aurait obtenu à la fois un logement et une bourse de 1.000 euros, sans même avoir à se déplacer en cours !