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Affaire Médine : Quand la gauche radicale française justifie l’injustifiable

30 août 2023 Expertises   18116  

Emmanuel Razavi

Accusé d’antisémitisme, le rappeur Médine était au mois d’août l’invité d’honneur des journées d’été des écologistes (EELV) et de la France Insoumise (LFI). Une invitation qui en dit long sur l’état de délabrement intellectuel et moral de la gauche radicale française.

Fin août, le parquet d’Albi adressait une convocation au rappeur Médine, pour avoir diffusé une vidéo dans laquelle il lançait des fléchettes sur les photos de deux élus du Tarn, le maire de Lavaur, Bernard Carayon (LR) et le député Frédéric Cabrolier (RN). L’on pourrait dire que l’on a connu le chanteur mieux inspiré, mais non. Car cela n’a jamais été le cas !

Dans un message posté quelques jours plus tôt sur le réseau social X, il s’en était déjà pris à l’essayiste Rachel Khan, petite-fille de déportés, l’affublant du surnom de « resKHANpée ». Une insulte qu’il a assuré regretter quelques jours plus tard, se défendant de toute forme d’antisémitisme.

Médine est un habitué des provocations, un récidiviste de l’anathème qui ne recule devant aucune abjection. Incapable de composer la moindre mélodie, ses ‘‘tubes’’ ne sont constitués que d’éructations et de borborygmes éreintants. On a beau chercher dans son répertoire un morceau qui soit audible, il n’en est aucun. Médine n’est pas un rappeur ; il n’est qu’un aboyeur. À l’écouter, on se dit que son manque de disposition artistique aurait dû le disqualifier depuis longtemps de toutes expositions scénique, radiophonique et télévisuelle.

L’absence de talent n’est pas un crime, bien sûr, mais elle peut quand même y conduire. L’on peut ainsi se demander si son inaptitude à créer ne l’a pas poussé à jouer à la racaille communautariste, simplement pour pouvoir exister sur la scène médiatique.

Le cas Médine est en fait le révélateur de tout un mécanisme qui met à mal nos valeurs humanistes depuis des années. Un processus fait de bêtise crasse qui absout l’antisémitisme et l’islamisme au nom de la liberté d’expression artistique, mais qui n’est en fait que le cache-sexe de l’affaissement intellectuel de la gauche française.

La parole du vaurien a autant de portée que celle du philosophe !

Le plus important n’est pas Médine. Après tout, il n’est qu’une ‘‘petite frappe’’ qui joue aux poètes en surfant sur le communautarisme. L’essentiel, c’est que de Mediapart aux cadres d’EELV et de LFI qui l’ont invité à leurs journées d’été, certains essayent encore de comprendre ce qui l’anime, ce qu’il veut dire vraiment.

En d’autres temps, Médine aurait simplement été interdit de radio, de télévision et de salles de concert. Pas un élu de la République ne se serait compromis en débattant avec lui et seule la justice en aurait fait son affaire. Mais nous vivons une époque où ‘‘la parole du vaurien a au moins autant de portée que celle du philosophe’’ !

Et c’est en cela que l’affaire Médine doit nous interpeller. Elle est en effet symbolique de la dégradation de la pensée, une métaphore d’un monde où le relativisme a pris le pas sur les notions de respect, d’humanité et sur la réflexion.

Une société dans laquelle on accepte qu’un parti politique et des médias mettent à l’honneur un lascar comme Médine ne répond plus à aucune transcendance. C’est une société devenue l’otage de la sottise et de l’inconsistance intellectuelle, dans laquelle une parole en vaut une autre. Médine l’a parfaitement compris. Il en a d’ailleurs fait sa marque de fabrique, passant de l’injure au repentir avec un facilité déconcertante.

Bien sûr, il serait stupide de croire que nos contemporains sont dupes de cette supercherie. Au contraire. Cependant, lorsque des figures politiques d’EELV ou de LFI comme Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot se font la caisse de résonance de l’abjection, ‘‘relativisant’’ de fait l’antisémitisme et l’homophobie, tout en disqualifiant dans le même temps toute forme de critique à l’encontre d’un Médine, quelle marge de contestation reste-t-il ?

Quand une élue de la République, Martine Tondelier, explique vouloir se faire son idée sur Médine alors même que les propos de ce dernier sont largement documentés, quand un grand média comme Mediapart relaye ses mea-culpa bidons de façon quasi fervente, que doit-on penser ?

Les élites politiques et médiatiques de la gauche radicale sont-elles devenues incapables de discernement, au point que les dérapages antisémites de Médine les poussent à temporiser plutôt qu’à condamner ? Il faut se poser cette question. Car la liberté d’expression, nécessaire à la démocratie, ne peut avoir pour corollaires le racisme, l’homophobie et l’antisémitisme.

Si l’on n’y prend pas garde, le relativisme auquel nous faisons face se transformera bientôt en un prélude à l’effacement de tous nos repères républicains et laïcs. Alors, cessons de nous voiler la face. Il existe aujourd’hui en France des gens qui veulent détruire ce qui fait nation. Des gens pour lesquels une femme compte moins qu’un homme et pour lesquels les Juifs sont l’ennemi. Ces gens-là ne méritent aucune esquisse de compréhension. Car ils sont les alliés objectifs d’une nouvelle forme de totalitarisme, alors même qu’ils prétendent parler au nom de la démocratie.

« La guerre, c’est la paix », écrivait George Orwell sans son roman prophétique ‘‘1984’’, dans lequel il dénonçait les dérives d’une tyrannie qui donnait aux mots un sens inverse à leur signification. Aujourd’hui, les disciples de la gauche extrême veulent nous faire croire que ce rappeur est un messager de la paix et le défenseur des minorités opprimées, en même temps que le bouc émissaire de l’extrême droite. Tout cela tient autant de la mauvaise foi que de la perversion dialectique et du négationnisme.

En agissant ainsi, ils justifient l’injustifiable. Et surtout, ils piétinent la démocratie et la notion de raison.