L’European Muslim Network de Tariq Ramadan : la fin d’une coquille vide !



Sur son site internet, Tariq Ramadan rappelle encore aujourd’hui qu’il est président d’European Muslim Network (EMN) à Bruxelles, un groupe de réflexion et d’action créé en octobre 2009.

Par Ian Hamel, à Bruxelles

Ce groupe d’experts affirme qu’il « assure une contribution substantielle à travers l’interaction entre l’Europe et les organisations musulmanes sur le terrain des débats, en constante évolution, concernant l’islam en Europe », et qu’il est conçu pour « offrir des espaces de rencontre et de dialogues à toutes les organisations, ONG, groupes actifs et décideurs musulmans et non musulmans ».

En clair, l’EMN serait l’interlocuteur privilégier de l’Union européenne, pour tout ce qui touche l’islam et les musulmans. Mais dans les faits, cette structure, loin d’avoir une action militante sur le terrain, n’a jamais été qu’un faux nez du prédicateur suisse, ne réunissant autour de lui que sa garde rapprochée. Notamment la sociologue Malika Hamidi, spécialiste du « féminisme musulman » ! Directrice d’EMN dès sa création, elle publie fin août 2017 l’ouvrage Un féminisme musulman, et pourquoi pas ?, préfacé par Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, aux éditions de l’aube. Dans ce livre, elle remercie avec émotion « le professeur Tariq Ramadan ». Manque de chance pour elle, l’ardent défenseur des femmes est mis en examen, quelques semaines plus tard, pour deux viols.

Ces plaintes ont aussitôt provoqué d’importants bouleversements au sein de l’European Muslim Network. L’association organise en catastrophe, le 24 novembre 2017, une Assemblée générale extraordinaire afin d’organiser l’élection d’un nouveau conseil d’administration, le transfert du siège social et la modification des statuts.

Tariq Ramadan parvient à se faire réélire. Mais il provoque la fin du mandat de l’administrateur et directrice générale Malika Hamidi (en poste depuis 2009), la fin du mandat du vice-président Nazar Mahmoud et la fin du mandat de la trésorière, Vaux Sarah. Des fins de mandats qui s’apparentent davantage à des démissions. D’autant que l’EMN décide de ne plus nommer de directeur général et de « ne plus reprendre la nomination d’un trésorier dans les statuts ». Faute de candidats ? En clair, le faux nez de Tariq Ramadan est devenu une coquille vide, qui n’a eu, depuis, comme unique occupation que de crier à l’innocence du prédicateur et de dénoncer le complot fomenté contre lui par une France forcément « islamophobe » !