fbpx
 
 

Pour une lecture optimale, téléchargez gratuitement l'Appli GWA pour tablettes et smartphones
D.R

 

Maïwenn plombe l’ouverture du Festival de Cannes

17 mai 2023 News   19271  

Qu’est-ce que Maïwenn a commis de plus inélégant et d’impardonnable ? Avoir tiré les cheveux d’Edwy Plenel ou plombé l’ouverture du 76ème Festival de Cannes avec son insipide et très décevant ‘‘Jeanne du Barry’’ ?

Par Atmane Tazaghart et Nicolas Chene

Ce biopic inspiré de la vie de la dernière favorite de Louis XV, dont la platitude contraste avec le faste et la flamboyance du décor versaillais, n’est – hélas – pas parvenu à incarner la complexe personnalité de Jeanne du Barry, tout à la fois légère et anticonformiste, audacieuse et maladroite.


Voir la vidéo


Bien avant sa première projection, en ouverture du Festival de Cannes, le film a été la cible de vives critiques : des attaques aux relents maccartistes qui ont vite débordé le domaine artistique pour s’en prendre à des aspects de la vie privée de la réalisatrice – à laquelle les détracteurs du film ont notamment reproché sa ‘‘détestation du féminisme’’ – et de son acteur principal, Johnny Depp – que certains voudraient vouer aux gémonies, ad vitam aeternam, en raison de déboires conjugaux, dont il a pourtant déjà rendu compte devant les tribunaux !

Le film aurait très bien pu enjamber ces critiques, s’il avait su incarner le caractère audacieux et anticonformiste de Jeanne du Barry. Car, durant quatre ans, la dernière favorite de Louis XV a bousculé les pesanteurs du décorum versaillais. Or, à force de chercher dans la vie de Jeanne de Barry des similitudes avec son propre parcours, Maïwenn s’est laissée emporter par un jeu de miroirs narcissiques qui empêcha le film de se hisser à la hauteur du destin extraordinaire d’une femme du peuple, dont l’arrivée à la cour a bouleversé les convenances de Versailles, apportant par sa spontanéité et son insouciance une bouffée d’oxygène aux ultimes années d’un souverain en fin de règne. Pis encore, le film n’a même pas su se saisir du tragique de la destinée de cette courtisane, renvoyée à son statut de roturière avant même que son amant de roi n’ait rendu l’âme.

Ainsi, la réalisatrice s’est perdue dans les dédales d’un Versailles sur lequel elle ambitionnait de porter un regard critique. Or, en le réduisant à un formalisme écrasant, elle a infligé à son film des pesanteurs qui ont terni ses rares aspects festifs et fastidieux. Raison pour laquelle, elle n’est parvenue à capter ni l’envers ni l’endroit du décor versaillais !