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Pourquoi accuser Israël de génocide est une imposture

19 février 2024 Expertises   342  

Martine Gozlan

« Les mots ont un sens » : ce rappel émane du Quai d’Orsay à l’annonce des premières conclusions de la Cour internationale de justice de La Haye dans le procès intenté par l’Afrique du Sud à Israël, accusé de génocide contre les Palestiniens à Gaza. Les mots ont un sens et, en l’occurrence, le mot ‘‘génocide’’, forgé au lendemain de la Shoah par le juriste Raphaël Lemkin, rescapé de l’extermination nazie, a été détourné de son sens par le pays accusateur, ami de l’Iran, comme par les juges de La Haye. La Cour, certes, n’a pas encore prononcé d’avis définitif. Mais elle ordonne à l’État hébreu « d’empêcher tout acte de génocide et de prévenir et punir son incitation ». Le Hamas a immédiatement applaudi cette nouvelle en claironnant qu’il fallait « forcer les occupants à exécuter les décisions de la Cour ».

La ‘‘Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide’’ a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948, inspirée par l’assassinat de six millions de Juifs européens. Voici donc le peuple issu en grande partie de survivants et de descendants de rescapés du génocide accusé de commettre le même crime contre les Palestiniens de Gaza. L’énormité du symbole n’a nullement découragé toute une série de pays – le très mal nommé Sud global, en réalité un conglomérat de dictatures rivales – d’appuyer la plainte de Prétoria.

Israël ne s’est pas dérobé car le pays a signé la convention qu’on l’accuse de trahir. Aharon Barak, le juge désigné pour représenter l’État juif au tribunal, est lui-même un survivant du ghetto de Kaunas en Lituanie. Âgé de 5 ans en I944, c’est caché dans un sac, au fond d’une charrette, qu’il a échappé à la liquidation de la population juive par les nazis et leurs collaborateurs. Si on ajoute à cette enfance tragique le parcours du juge – ancien président de la Cour suprême, Aharon Barak s’oppose à Netanyahou pour qu’Israël reste une démocratie dotée de contrepouvoirs garantissant les droits de tous les citoyens, juifs et arabes – le contexte et les protagonistes du procès de La Haye relèvent d’un sinistre théâtre de l’absurde.

L’Afrique du Sud ne s’est pas embarrassée des faits. L’acte d’accusation ne mentionne pas les massacres perpétrés par les terroristes du Hamas. À écouter les avocats de ‘‘la nation arc-en-ciel’’, il semble qu’Israël ait décidé d’attaquer Gaza car tel était son bon plaisir. Mais les avocats sud-africains ont beau tordre la réalité, ils butent sur la définition même du concept au nom duquel ils ferraillent, c’est-à-dire‘‘l’intentionnalité’’ du crime. La notion de génocide, selon le texte de la Convention, implique « la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entrainer sa destruction physique totale et partielle ».

D’une part, c’est exactement ce qu’ont subi les Israéliens massacrés, torturés, mutilés, violés, kidnappés lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Les directives données aux terroristes – qui ont filmé leurs actes barbares – afin de liquider la population des kibboutz et villes limitrophes de Gaza (une population pacifiste, vivant sur un territoire israélien reconnu internationalement) étaient d’une clarté atroce. D’autre part, la charte du Hamas prévoit l’élimination de la présence juive sur la terre dont l’organisation, au nom de l’islam, revendique l’intégralité en lieu et place d’Israël. Quant à ‘‘l’intention’’ de l’État hébreu d’en finir avec les Palestiniens, elle ne s’appuie sur aucune donnée concrète. L’offensive menée par Tsahal, l’armée israélienne, en riposte à l’agression du 7 octobre, s’est signalée dès les premières heures par une campagne d’information à destination des Gazaouis, leur demandant de partir vers le Sud, pour échapper aux bombardements.

Le nombre élevé de victimes – 23 000 selon le Hamas, dont 9000 seraient des terroristes selon Israël – a été expliqué par l’organisation elle-même. « Les tunnels sont réservés à nos combattants et c’est l’ONU qui doit protéger les civils » ont proclamé les responsables du Hamas. Le détournement par les terroristes de l’aide humanitaire et médicale fournie par Israël – une curieuse politique pour des ‘‘génocidaires’’ – a été filmé par les Gazaouis eux-mêmes. Des témoins ont réussi à laisser filtrer les scènes qui se déroulaient sur la route vers le Sud : check-points du Hamas destinés à empêcher la population de fuir les zones de combat, tirs sur les récalcitrants. Planqué dans son hôtel de luxe au Qatar, Ismaïl Haniyeh, le leader de l’organisation, a exalté « le sang des femmes, des vieillards et des enfants qui renforce l’enthousiasme de la résistance ».

Pour muscler une argumentation incohérente, Prétoria tente de s’appuyer sur les déclarations de plusieurs extrémistes du gouvernement israélien. Ces alliés de Benyamin Netanyahou dans sa coalition avaient évoqué la réoccupation de Gaza et le transfert de ses habitants. L’irresponsable Amihaï Eliyahu, ministre du Patrimoine, avait vociféré sur une éventuelle bombe atomique à lâcher sur Gaza. Il avait été immédiatement rappelé à l’ordre par le Premier ministre qui aurait mieux fait de le limoger. Mais ces incendiaires n’ont pas droit à la parole dans le cabinet de guerre constitué au lendemain du 7 octobre. Netanyahou a pris soin de s’en désolidariser en affirmant : « Israël n’a pas l’intention d’occuper Gaza ni de déplacer sa population ».

Au contraire, les visées génocidaires des massacreurs du 7 octobre sont attestées par la planification rigoureuse des meurtres et des ‘‘souillures’’ – les viols – à infliger aux Israéliens selon les plans retrouvés sur les terroristes et les témoignages de ceux qui ont été faits prisonniers.

La mascarade du procès de La Haye contribue n’a, hélas, pour effet que de nourrir l’islamisme, ses propagandistes et ses bourreaux…