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La Suisse s’apprête à restituer au clan Ben Ali-Trabelsi les avoirs gelés au lendemain de la révolution



Aussi étrange que cela puisse paraître, dix ans après la « révolution du jasmin », les millions planqués en Suisse par l’ancien dictateur tunisien Zine el-Abidine Ben Ali et son clan n’ont toujours pas pris le chemin de Tunis.

Pis encore, la Suisse s’apprête à restituer à plusieurs membres du clan Ben Ali-Trabelsi leurs avoirs gelés au lendemain de la chute de l’ex maître de Carthage, mort en exil, à Djeddah, le 19 septembre 2019.

Raison invoquée par les autorités de la Confédération Helvétique : la justice tunisienne n’ayant toujours pas jugé ni condamné pour des faits de corruption ces proches de Ben Ali, ils demeurent de présumés innocents aux yeux des lois suisses. Il serait donc illégal de bloquer leur avoirs au-delà d’une période maximale de dix années. Ainsi, depuis le 19 janvier 2021, les autorités suisses sont dans l’obligation de leur restituer leurs biens !

En effet, Ben Ali lui-même a fait l’objet, en 2011, 2013 et 2015, de trois procès, par contumace, en Tunisie. Il a écopé de cinq condamnations à perpétuité et plus de 200 ans de prison, pour de nombreux chefs d’accusation, dont plusieurs sont liés à des faits de corruption. Par contre, à l’exception de son ex-femme, Leila Trabelsi (remariée à un prince saoudien après le décès de l’ex dictateur) aucun autre membre de la famille Ben Ali n’a fait l’objet de poursuites judiciaires. Pas de poursuites non plus à l’encontre du clan Trabelsi (la famille de l’ancienne première dame) qui s’est considérablement enrichi, notamment au cours des deux derniers mandats de Ben Ali, et que l’ancien ambassadeur américain en Tunisie, Robert F. Godec, a qualifié de clan « quasi mafieux » !