Les nouvelles (affaires) du frère suisse d’Oussama Ben Laden



Retourné en Arabie Saoudite, Yeslam Ben Laden, 68 ans, l’un des frères aînés d’Oussama, échappait aux radars depuis de nombreuses années. On vient d’apprendre qu’il a récemment mis en vente son hôtel particulier à Genève, acheté en 1985, pour 23 millions de francs suisses (20,2 millions d’euros).

Installé sur les bords du lac Léman depuis 1981, naturalisé suisse, Yeslam Ben Laden était dans le collimateur du juge français Renaud Van Ruymbeke, suite à un signalement de Tracfin, en novembre 2001.
Au lendemain du 11 septembre, Yeslam Ben Laden avait transformé sa société, la Saudi Investment Company (SICO), pour en devenir un actionnaire minoritaire. L’occupation principale de la SICO, détenue par la holding Falken, installée aux îles Caïmans, était le transfert d’argent vers des paradis fiscaux. C’est ainsi que Yeslam Ben Laden qui détenait, par exemple, à Panama, la société Celta Finance, a perçu entre 1999 et 2001, six millions d’euros de la société britannique Colmar Limited.
Le problème, c’est que pendant des années toutes les commissions rogatoires envoyées par le juge Renaud Van Ruymbeke dans ces pays exotiques sont restées sans réponse. Résultat, le 27 décembre 2006, le magistrat a été contraint de signer une « ordonnance de non-lieu », expliquant que « les investigations menées n’ont pas permis de caractériser des opérations de blanchiment ou de financement d’activités ou de réseaux liés à Oussama Ben Laden à partir des sociétés analysés ».
Toutefois, pas dupe, le juge a ordonné : « le dépôt au greffe pour y être repris s’il survenait des charges nouvelles ». Mais depuis 2006, ni Yeslam Ben Laden ni les membres de sa famille n’ont été inquiétés par les justices occidentales. En revanche, certains d’entre eux ont été pris dans le coup de filet lancé par Mohammed Ben Salman, pour contraindre un certain nombres des plus grands hommes d’affaires du Royaume à rembourser des sommes faramineuses indûment touchées. Le clan Ben Laden a, ainsi, été contraint à céder ses parts dans le Saudi Binladin Group, la maison mère de la famille en Arabie saoudite.