Non, M. Erdogan, la Tunisie n’est pas un Beylik !

Non, M. Erdogan, la Tunisie n’est pas un Beylik !

Beylik : c’est le mot qu’on ne veut plus entendre à Tunis. Beylik, domaine du bey, vassal du sultan. Beylik, province ou «  régence » ottomane. Un mot qui remonte du puits des siècles, un retour du refoulé historique. Il a été griffonné rageusement dans les médias du pays après la visite impromptue à Tunis de Recep Tayip Erdogan, venu demander au président Kais Saied de soutenir une intervention turque en Libye pour appuyer le mal nommé « Gouvernement d’accord national » de Faiez Sarraj contre le général Khalifa Haftar. En ouvrant l’aéroport de Matmata aux avions militaires turcs. Mais oui bien sûr, cela tombait sous le sens : la minuscule et stratégique Tunisie ne pouvait qu’acquiescer aux désirs d’Ankara. Dans l’esprit du néo-Grand Turc, elle se devait de redevenir la vassale des jours anciens.

 

Nuit à Paris, lumières sur l’Orient

Nuit à Paris, lumières sur l’Orient

Les Français devraient être fiers. Ce sont leurs valeurs – laïcité, citoyenneté, égalité- que l’on brandit aujourd’hui dans des pays meurtris et déchirés, là où on ne l’attendait pas. Au Liban, des foules immenses, jeunes, chamarrées, unies au delà de leurs différences, exigent qu’on en finisse avec le vieux système confessionnel. Nés après la guerre civile, hostiles à l’instrumentalisation de leur minuscule pays par des puissances rivales et prédatrices, l’Arabie Saoudite et l’Iran, les manifestants réinventent au Levant le beau mot de patrie. Le Hezbollah, contesté pour la première fois dans ses fiefs, envoie en vain ses miliciens écraser le mouvement.

 

Le Covid-19, agent secret d’Allah ou de Jehovah

Le Covid-19, agent secret d’Allah ou de Jehovah

L’écrivain Emile Habibi, Palestinien de Haïfa resté en Israël après 1948, avait inventé un joli mot pour qualifier l’état d’esprit des individus qui vivent l’ambiguité au quotidien : peptimiste. Un cocktail d’espérance et de lassitude, quelque part entre l’optimisme et le pessimisme. C’est exactement le terme qui convient aujourd’hui face aux conséquences de l’épidémie sur les religions.

 

Jérusalem, un jour d’élection

C’était jour d’élection à Jérusalem. Un jour du proche  passé -17 septembre dernier- mais ce pourrait être un proche futur car Israël est bloqué. L’Etat hébreu ne parvient pas à se donner un gouvernement. Il a voté au printemps, revoté en ce tout début d’automne et redoute un troisième scrutin.

 

Quand le Hamas trahit les palestiniens

C’est la seule révolte d’un peuple arabe contre ses dirigeants qui n’a pas droit de cité dans les médias européens, notamment français. Elle s’est déroulée à Gaza en mars dernier : le Hamas a étouffé dans le sang la colère d’un peuple qui criait « Nous voulons vivre ! ». Les faiseurs d’opinion, de Londres à Paris, eux, l’ont étouffée dans le silence.

 

Asia Bibi et le trou noir pakistanais

Asia a pu enfin fuir l’Asie. Asia Bibi, Pakistanaise chrétienne, a quitté son pays natal après dix ans de cauchemar. Dix ans dans le couloir de la mort de la prison où elle a été jetée en 2009 pour « blasphème ». Au Pakistan, le « blasphème » est un crime : il permet à tout un chacun d’accuser son voisin, sa voisine d’insulte à l’islam et à son prophète.